Dans l’opacité des méandres de mes songes
M’apparaît parfois un monde d’étrangetés
Reflétant avec clarté l’inconsciente vérité
De mon égo en prise avec ses mensonges
Il en est un... plus que tout autre
Qu’il me plait à revisiter éveillée
Bien à l’abri sous mes paupières fermées
Les images folles renaissent et je m’y vautre
J’entends bientôt le chant lointain et doux
D’un troubadour qui, feuilletant un immense véda
Glorifie l’imminente efflorescence du Réséda
L’invitant à déployer ses pétales sur mon cou
Je frémis alors sous leurs caresses sulfureuses
M’enivrant de leur parfum nocturne décuplé
Je m’abandonne soudain le corps libéré
De mes chaînes mues en une étole soyeuse
Quand vient se glisser comme une promesse
Cette grande main généreuse, belle et enveloppante
Comme un cocon annonçant ma chrysalide naissante
Savoureux moment empli d’une infinie tendresse
Mon corps se détend dépouillé des effets du temps
Soulevé avec grâce par la main de l’invisible
Comme un précieux trophée de son je… indicible
Ou est-ce un jeu de main-nue tout simplement ?