En chantier...Essais de poésie
J’ai mis tous mes mots en bagage
Noms communs et propositions
Noms propres à conversations
Et un gourdin en cas de tapages
Je n’en ai gardés qu’un bouquet
Pour vous écrire cet au revoir
Car si mon cœur en deuil est noir
Mon sang d’encre coule fort en paix
Je pars vers mon horizon dépassé
Là-bas, mon regard aura l’éclat du temps
Et mon haleine, l’arrière-goût d’antan
Un tout pour mieux en corps m’enraciner
Ce sera une pause à la saveur du vide
A cheval sur mes deux dernières saisons
Je n’ai plus aucune belle et vraie raison
D’y retrouver mes fols appétits avides
Mon âme coquine murmure à ma muse
« Débrouillez-vous bien sans moi »
Comme elle se plait à rire de mes émois
De tous mes états tant s’en amuse
A moi donc les silences assourdissants !
Je m’en vais pour déposer des fleurs
Sur la stèle de mes défuntes peurs
Tenter d’asseoir enfin mon détachement
Il m’a bien fallu accepter mes déboires
Tous ces terribles « débrouillez-vous »
Ont tant fusé de partout à rendre fou
Mon cœur brisé au bord de désespoir
Le voici apaisé libéré de toute chaine
Vide d’amant vide de tourments
Plus de rendez-vous de faux serments
Sans pansement cicatrisé il m’entraine
Je me débrouille avec moi-même
Avec mes têtes à têtes sereins
Ne voulant plus penser à demain
Je pars goûter des instants bohèmes
L’amour n’étant plus qu’un point
Un point minuscule sur mon chemin
Mes bagages d’un plus léger entrain
Ne freinent mes pas à pas qu’en vain
Puissiez-vous aussi goûter ce délice
De vivre libres de tous les maux assassins
Tant de guerres que l’on livre pour rien
Qui toujours bien ou mal finissent
Débrouillez-vous avec les sourires
Abusez de tous les rires en éclats
Débrouillez-vous avec les bons débats
La haine fausse les accords de la lyre…
Je vous embrasse chacune chacun
D’une bonne accolade fraternelle
Je ne crois qu’à la vie éternelle
Des mots ancrés aux gestes joints
Au revoir ou Adeus…
Et débrouillez-vous bien
le 30/07/2014